1. Contexte et justification du projet
Le monde est devenu changeant et multiforme, notamment en raison des phénomènes transnationaux divers tels que la mondialisation, le développement technologique, les migrations et l’universalité des valeurs…. Ces phénomènes affectent évidemment les pays africains et doivent être nécessairement pris en compte dans les programmes de développement et de renforcement des capacités des services publics, en particulier à travers la formation et l’action militaire et policière des gendarmes.
En effet, si de manière générale, les principes démocratiques se diffusent, l’Afrique et particulièrement sa partie Ouest, ne connait pas de réel développement économique et peine à briser le cercle vicieux alimenté par l’instabilité politique, la corruption, la pauvreté et l’endettement. A ces fléaux est en outre venue s’ajouter, à partir des années 1990, la pandémie du sida. Ces faiblesses essorent des formes multiples et de plus en plus complexes de délinquance et contribuent à leur épanouissement malgré les moyens de lutte conséquents déployés par les Etats.
L’Etat sénégalais, pour sa part, s’est engagé de façon résolue dans le recrutement et la formation de ressources humaines de qualité, capable de faire face aux défis politiques, économiques et sociaux toujours plus exigeants. Cette volonté des gouvernants s’est traduite notamment par la création de l’Ecole des Officiers de Gendarmerie Nationale (EOGN) en date du 29 janvier 2007.
Cette école assure la formation initiale des officiers de gendarmerie destinés à l’encadrement des unités de base. Elle a pour vocation de donner aux élèves officiers les outils de compréhension des mécanismes juridiques, économiques, politiques, institutionnels qui gouvernent ce monde complexe et constamment évolutif, en gardant à l’esprit la notion de service public ainsi que le respect strict de la légalité et de la dignité humaine. En effet, conformément aux principes énoncés dans la Charte des Nations Unies, la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.
Aussi, importe-t-il de développer chez les futurs décideurs, le sens de la dignité de l’Homme, et de veiller à une bonne connaissance des évolutions du droit, en particulier du droit pénal international, afin de veiller à l’efficacité et la régularité des actions administratives et judiciaires à l’intérieur comme à l’extérieur du territoire national. Cette exigence s’impose en raison du développement des besoins de protection des personnes et des biens et de l’émergence de nouvelles instances nationales et internationales pour prendre en charge les formes nouvelles de criminalité. Il s’en suit le développement de besoins en termes de protection des personnes et des biens.
Les futurs commandant de peloton et adjoints commandant de compagnie qui sont formés à l’EOGN sont appelés à exercer sur leurs subordonnés une surveillance destinée à prévenir les abus. Ils sont également appelés à assurer leur formation continue à travers des séances d’instruction régulières dans les unités.
Ils constituent donc une cible privilégiée, qui permettra d’atteindre le plus large public possible au sein de la Gendarmerie nationale. En outre, l’EOGN accueille des officiers en provenance de 13 pays d’Afrique et de Madagascar qui constituent autant de relais auprès des personnels de leurs pays d’origine.
C’est pourquoi le commandement de l’EOGN est désireux de nouer avec des partenaires sociaux, institutionnels, locaux et internationaux un partenariat fécond dans le domaine de la vulgarisation des valeurs et des pratiques qui leur sont chères, tout autant qu’elles le sont pour le Haut commandement de la Gendarmerie.
Dans cet esprit, le présent projet envisage de renforcer les capacités des élèves officiers, dans les domaines bien ciblés, en associant les partenaires que sont les organisations internationales et non gouvernementales.
L’EOGN offre son cadre et ses infrastructures à l’organisation de séminaires d’apprentissage, de vulgarisation et d’approfondissement avec le soutien des partenaires qui ne manqueront pas d’y trouver un intérêt évident.
Pour sa part, la Gendarmerie nationale s’efforce de préserver le prestige et la confiance dont elle bénéficie tant auprès des citoyens que des diverses autorités et qui ont, pour une large part, leur source dans le sens de l’humain et de l’honneur, le respect scrupuleux de la légalité ainsi que la loyauté qui caractérisent son action. Le maintien de cette réputation dans un pays démocratique comme le Sénégal, passe par une formation rigoureuse évolutive, innovante et complète.
2. Objectifs du projet :
Le présent projet vise le renforcement des capacités des élèves officiers de gendarmerie, appelés à commander des unités de base et à prendre des décisions pour garantir la sécurité, la stabilité et la paix.
De façon spécifique, il s’agit :
d’assurer une formation complète aux élèves officiers, sur les plans moral et professionnel ;
de veiller à la bonne connaissance des textes fondamentaux, notamment en matière de procédures et de garanties des citoyens ;
d’ériger des sentinelles contre les pratiques immorales et illégales dans le cadre des actions militaires et policières des gendarmes ;
de contribuer à la prévention des abus et autres violations de l’intégrité des personnes placées en situation d’affrontement face aux forces de l’ordre ;
de veiller à une prise de conscience sur les responsabilités disciplinaires ou pénales encourues ;
d’assurer le suivi des stagiaires pour leur offrir des possibilités de formation continue par le financement de stages nationaux ou internationaux ;
de toucher le plus grand nombre de personnels à travers les cadres qui sont des instructeurs potentiels (formateurs relais) ;
de vulgariser et de pérenniser les valeurs et actions positives que l’on attend des forces de sécurité dans un pays démocratique ;
d’améliorer la prise en charge des cas potentiels qu’ils seront amenés à rencontrer par un dialogue fructueux avec des praticiens et des spécialistes, pour identifier les difficultés et les résoudre ;
de coordonner les actions en matière de lutte contre certains phénomènes pour une action plus efficace ;
de développer une expertise parmi les élèves officiers de gendarmerie après l’évaluation des meilleurs résultats.
3. Méthodologie de réalisation
Le renforcement des capacités des élèves sera obtenu, au-delà des formations dispensées, par l’organisation de séminaires qui seront animés par des experts militaires, universitaires, nationaux ou internationaux.
Trois thèmes sont retenus. Chacun devra faire l’objet d’une session de renforcement de capacités.
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